L’ensemble des oeuvres de composition
sont des feuilles blanches sur lesquelles sont dessinées
au staedler noir le contour d’un motif,
répété des centaines voire des milliers de fois.


la contrainte libératoire
Dans le langage courant, une contrainte a une connotation péjorative. Elle est appréhendée comme une règle qui réduit la liberté d’action. Mais face à l’inconnu, face à trop de libertés, l’esprit vagabonde et se perd. S’imposer des règles dans une création artistique peut ouvrir le champ des possibles.

De la contrainte nait la créativité.

Les contraintes obligent à mener une réflexion, là où la spontanéité conduit vers des créations plus communes, banales et attendues. L’originalité ne nait pas de l’action impulsive, instinctive et machinale (la première pensée des uns est souvent la première pensée des autres). La création est un travail et non une improvisation, c’est le fruit d’une réflexion et, dans le cas de composition, d’une injonction à répondre à un certain nombre de contraintes.

Partant dans un premier temps d’une pulsion créative spontanée, les contraintes appliquées à composition entrainent le projet vers une esthétique poussée,  reconnaissable, maitrisée. Ces contraintes deviennent une méthode, elles amènent vers une radicalité de création et sont utilisées comme une force qui devient règle, guide, loi.






le lâcher prise maîtrisé
Les tâches répétitives n’ont pas bonne réputation, elles paraissent absurdes, servent même parfois de punition. Ces actions semblent mécaniques, faciles à produire. Mais pour composition, la répétition permet d’oublier la technique. Après des années de pratique (de 2005 à aujourd’hui), le geste est définitivement acquis et inconscientisé, ultra maitrisé. L’extrême concentration permet de se focaliser sur le présent, d’être dans un moment d’éternité. Rien ne doit être changé, rien n’est à craindre, rien n’est à regretter, il n’y a plus de résistance, plus de lutte, tout est fluide. Tout est facile et clair, le mouvement est ancré, parfait. Ce geste évite à l’esprit de s’éparpiller, il recentre le mental, permet d’explorer la solitude.








l’apologie de la lenteur
Prendre le temps, ce super luxe.

Créer une oeuvre de composition demande de prendre le temps, beaucoup de temps. Comme une opposition au rythme de surproduction de notre société, au besoin de consommation abondante, à l’accumulation de biens, où avoir est plus important qu’être, où les interactions, les produits et les services sont disponibles pour tous, en permanence, sans répit. Une fois l’oeuvre finie, le temps est comme matérialisé, la lenteur de création est perceptible.





Mark